En avril dernier, j’écrivis un billet sur « la situation paradoxale du livre numérique au Mexique« . J’observais alors que l’accès à la culture (90 % des municipalités n’ont pas de bibliothèques publiques), qui se développe tout de même avec la numérisation des codex de la bibliothèque numérique mexicaine,  le prix des lecteurs numériques (jusqu’à 600 euros !), le manque de législation et le faible taux de pénétration de cartes de crédit en Amérique latine (voir l’édition numérique dans les pays en développement) étaient un frein important à son implantation.

libros digitales biblits Biblits, la librairie mexicaine qui refuse les DRM

Quelques mois plus tard, la situation a un peu évolué, notamment dans les perceptions des acteurs de la chaîne éditoriale. Si le président de l’Association des librairies du Mexique (Lopez Guillermo Quijas-Corzo – via Le journal LaJonarda) estime ainsi que le développement du livre numérique au Mexique prendra « une décennie de plus », Manuel Davila, fondateur de la première librairie numérique du Mexique (l’efficace Biblits, plutôt simple et agréable d’utilisation, destinée aux éditeurs indépendants – 250 titres pour l’instant à 8 euros en moyenne) note que « le livre numérique présente une série de solutions pour l’édition » traditionnelle.

Ainsi de la distribution et des points de vente. Pendant longtemps, remarque Davila, les libraires et les éditeurs ont regretté que la circulation des livres se fasse dans de mauvaises conditions au Mexique. Or, avec le numérique, ils pourraient trouver de nouveaux moyens pour valoriser leurs catalogues, s’ils développent des stratégies marketing, trop absentes de leurs réflexions, et sortent de la crainte du piratage, trop présente.

Nous sommes contre les verrous numériques. Chez Biblits, lorsque quelqu’un achète un livre, il en achète aussi l’usage. Cet exemplaire est la propriété de l’acheteur, et il peut le partager avec qui il veut, autant de fois qu’il le veut. De plus, en cas de perte, le site de Biblits fournit à l’acheteur une copie de secours (M. Davila, via Clarin Veracruzano, cité dans L’Edition numérique dans les pays en développement)

Biblits, par exemple, refuse la logique des DRM. C’est que, selon Manuel Davila, ils entravent la relation entre les lecteurs et les livres et, plus généralement, la relation de confiance entre éditeurs, auteurs et lecteurs. Technologie qui doit donc être considérée comme obsolète pour permettre aux éditeurs de « mettre fin aux vices et aux erreurs que nous avons commises depuis des années » et investir plus largement de nouvelles méthodes de promotion, fortement valorisées par Biblits sur Facebook, Twitter, youtube et son blog (à venir).