On ne sait encore pas grand-chose de la probable implantation d’Amazon au Brésil, mis à part que l’entreprise, tout comme Google, négocie avec des éditeurs brésiliens. Les deux géants devraient cependant rencontrer quelques difficultés, comme la plateforme DLD, qui représente 50 % de l’édition traditionnelle au Brésil, s’est construite autour de contrats exclusifs qui empêchent les éditeurs signataires de céder leurs livres à d’autres distributeurs… Une manière très claire de répondre à Amazon qui pratique des prix souvent agressifs.
Mais DLD est toujours en développement. Pour l’instant, donc, seuls Gato Sabido, auquel j’ai déjà consacré un billet, et Saraiva sont en mesure de constituer un rempart à la venue des deux entreprises. Saraiva présente en effet des similitudes avec Amazon (via Estadao) : lancée en 98, cette chaîne de librairies (20 % du marché du livre brésilien) s’est diversifiée au point de proposer aujourd’hui de nombreux produits, disponibles sur son store en ligne (37 % de son CA). Elle bénéficie donc d’une bonne implantation, assurée par l’acquisition d’un réseau de boutiques en 2008 (Siciliano Bookstore), que ce soit sur le territoire brésilien (63 boutiques) ou sur le web, ce qui lui permet aujourd’hui de s’allier à un grand (Apple, dont Saveira vend les iPad) pour limiter le succès d’un autre (le Kindle Fire).
Lorsque Amazon s’implantera au Brésil, nous serons en mesure de lui faire face (Pousada Marsile, président de Saraiva)
L’offre de livres numériques de Sareiva devra cependant s’étoffer pour convaincre les brésiliens (1 millier en 2010, probablement 3000 aujourd’hui sur un total de 7000 titres), en signant par exemple de nouveaux contrats avec les auteurs afin d’inclure la gestion de leurs droits numériques, ou en s’alliant avec d’autres acteurs (le distributeur Xeriph et ses 170 éditeurs ?) alors que la machine Amazon est sans doute déjà en marche…
