Le constat des experts à la foire d’Abu Dhabi (15-20 mars) est clair : au Moyen-Orient, le téléchargement illégal de livres pourrait se développer de plus en plus, compte tenu de la pauvreté de l’offre légale.
L’urgence, estime Peter Balis (de John Wiley & Sons) : répondre aux besoins de ceux qui téléchargent occasionnellement parce que le contenu n’est pas disponible dans la langue et le format souhaités.
Par conséquent, en refusant d’ouvrir leur catalogue au monde numérique, par crainte du piratage, les éditeurs ne rendent pas service au secteur de l’édition.
Le problème provient également des lois, assez vagues en la matière, estiment Balis et Salah Chebaro (de la librairie libanaise en ligne Neelwafurat).
Problème sociétal également. En mettant les livres gratuitement à disposition, on pense réaliser un acte héroïque et humaniste (diffusion de la connaissance et de la religion).
Salah Chebaro suggère donc aux acteurs de l’édition de faire appel aux fournisseurs d’accès à internet pour bloquer les sites de partage qui diffusent illégalement les contenus (heu, et la neutralité du net dans tout ça ?).
Kait Neese (de Strategic Book Publishing & Rights) remarque que le pirage est inévitable. Autant l’utiliser : il est bénéfique pour les petits auteurs/éditeurs, en manque de visibilité (même les gros – voir Paolo Coelho).
Ce n’est cependant pas une solution d’avenir car personne ne peut mesurer aujourd’hui l’impact de telles pratiques sur l’édition numérique…
