sainsbury penguin book club social reading 300x300 Penguin et Sainsbury lancent un club de livres en ligne

Annoncé en janvier dernier, le club de lecture en ligne de la chaîne de distribution Sainsbury, mis au point par les équipes numériques de l’éditeur Penguin, sera finalement lancé le 7 juillet (via TheBookSeller).

Opération importante pour Penguin, qui déploie sa présence en ligne après le lancement de Book Country, réservé à l’élite des écrivants. S’agira de voir la manière dont l’éditeur s’inscrit dans ce projet, de comprendre quelle part de présence il s’autorise face à Sainsbury et quels objets de reconnaissance (sur Book Country, c’était l’écriture) sont mis en place, sont mis en signe, pour construire (ou non) une communauté.

Quelques indices : pendant 1 an (chaque année, semble-t-il, Sainsbury choisit un nouveau partenaire d’où la limitation du contrat – HarperCollins et Random House ont ainsi été choisis pour les éditions précédentes) , les lecteurs des titres de Penguin’ pourront accéder à du contenu inédit, comme des recettes réalisées par le fameux Jamie Oliver (mon frère ne jure que par lui…). Tous les quinze jours, le site mettra également en avant un livre disponible en magasin et en ligne.

À voir la sélection, s’agit de livres de cuisine, de livres pour enfants et de livres à l’eau-de-rose; s’agit donc de ratisser très large en ciblant le public susceptible d’acheter dans les magasins de Sainsbury, à qui le distributeur promet une prolongation de l’expérience de lecture (bonus) sur le web grâce aux livres de Penguin.

J’aime l’idée que la lecture soit comprise dans un champ large, loin des représentations fantasmées des « adorateurs » du livre, qui font de la littérature tripartie (théâtre, poésie, roman) la seule digne d’être lue.

J’attends cependant de voir à quoi ressemblera ce club, au-delà des simples forums et des compétitions entre lecteurs. Pour l’instant, j’ai surtout l’impression que Sainsbury comprend le mot « club » dans son sens le plus anglais : « association privée culturelle, sportive ou amicale » d’où les contenus réservés. Pas sûr, donc, que les fonctionnalités auront évolué depuis HarperCollins et que la sociabilité, la « disposition psychologique à se plaire dans la compagnie des autres » (Le dictionnaire du littéraire) soit la préoccupation du groupe, même si le club s’organise autour des contenus, et non pas des objets qui les portent (livres ou eReaders), souvent sujets à des querelles entre pro-eReaders et pro-livres-papier, qui obligent les organisateurs (voir la récente bookenerie de Booken) à ne promouvoir qu’un seul couple (lecture-eReader ou lecture-livre-papier).