Femme aux 10 sacs Juste que si on se reverrait, cest la rue qui décideraitAu Macdo, personne ne vous demande qui vous êtes ni rien : un coca, et c’est la journée qu’on peut y rester. Population inhabituelle du coup : vieux maghrébin venu passer le temps (sinon sur les bancs des places – Belleville, Ménilmontant); étudiant qui ne peut se concentrer qu’entouré et dans un espace bruyant (des écouteurs pour s’isoler, c’est le contraste qu’il vient chercher); clochards, aussi (beaucoup) pour se chauffer et se socialiser. Mais depuis que les Macdos ont évolué (plus sombres-sushis-snobs, chaises-hautes-bars), on les voit moins. La femme aux 10 sacs, qui traînait-escargot sa maison, peu croisée depuis. Au Macdo, elle s’entourait-forteresse, mais ne parlait jamais seule (comme souvent(s) dans ces lieux) – seulement le regard ailleurs, sans point fixe, souriante, comme on recherche son enfance égarée. Jamais vue développer un attachement : pas agressive (elle répondait) ni même méfiante; juste que si on se reverrait, c’est la rue qui déciderait.