Le mythe de Prométhée raconte comment le goût des choses (et la mort) furent donnés aux hommes. Prométhée, celui qui nous aimait tant (il y a quelque chose d’émouvant et de sacrificiel chez ce titan qui s’acharne – au péril de sa vie – à croire toujours en nous; peut-être parce que nous sommes ses enfants, restes de boues qu’il transforma en hommes); Prométhée, donc, appelé pour résoudre un conflit (on ne savait pas quels morceaux d’un taureau devaient revenir aux humains et aux dieux), présenta à Zeus deux sacs, l’un contenant des os recouverts d’une graisse alléchante et l’autre plein de la chair de l’animal, mais situé dans son ventre, soit dans une zone peu appétissante. Zeus choisit le premier sac, trompé par la ruse de Prométhée. Furieux, et bien qu’il se méfiait du titan (qui devait voler plus tard le feu pour le donner à ses enfants), il condamna les hommes à devoir se nourrir, c’est-à-dire à devoir renouveler leur énergie vitale sous peine de mourir. Les Dieux, eux, immortels, se repaîtraient de la seule odeur que les hommes élèveraient-fumée vers eux au moment des offrandes.
L’industrialisation veut faire de nous des Dieux mortels, qui se contenteraient du souvenir lointain des choses sans bénéficier, pour autant, des pouvoirs divins. Il y a des trompe-oeil et des trompe-odorat; le « Yakisoba saveur de poulet » en est un. Ayons donc pour seule ambition de rester mortels mais de manger bien. :)

