Amérique latine
- Argentine : selon un récent classement effectué par le laboratoire Cybermetrics (le plus grand établissement public de recherche en Espagne et le 3ème d’Europe qui consacrait également cette année le portail hispano-lusuphone d’accès à la recherche scientifique – SciELO), la bibliothèque numérique de Cuyo (région d’Argentine) est la meilleure du pays et l’une des meilleures du continent (dans le Top 500 du monde). À noter que les bibliothèques publiques de Buenos Aires se mettent également aux liseuses et proposent désormais à leurs lecteurs de découvrir des Papyre.
- Bolivie : l’éditeur bolivien Martínez-Acchini propose dès maintenant 300 livres numériques universitaires (contre 17 en janvier dernier; mais ce sont ici plus précisément des ouvrages de McGraw-Hill International que distribue l’éditeur pour la Bolivie) de 35 à 40 % moins cher que l’édition papier.
- Brésil
- Les 10 et 11 mai prochains aura lieu dans le pays un congrès international organisé par la Chambre brésilienne du livre, alors qu’Amazon (qui inquiète les éditeurs), Google et maintenant Apple (fin avril) tentent de placer leurs pions numériques dans un pays où, pourtant, 82 % des habitants n’ont jamais lu sur ces nouveaux supports. Cette année, la France sera notamment représentée par Roger Chartier, qui proposera une conférence sur l’auteur.
- Un portail hispano-lusophone scientifique (SciELO, fondé en 2007) vient tout juste de lancer une première offre d’eBooks universitaires (200 titres pour l’instant; 300 à 500 publications/an à venir). Une visibilité essentielle pour de chercheurs dont l’avancement universitaire dépend notamment du taux de citations de leur production scientifique…
- Les éditions Agril (un groupe de presse brésilien) viennent de lancer une plateforme de ventes de livres numériques, de journaux et de magazines (via eBook Portugal).
Europe
- Espagne : un rapport des Presses universitaires espagnoles révèle que 28,7 % des publications espagnoles scientifiques se font désormais en numérique (soit 1275 livres en PDF; 129 titres pour l’université de Saragosse qui prévoit de doubler sa production). Suite à un accord conclu avec plusieurs partenaires (dont Google), ces livres, qui bénéficient déjà de la force de frappe d’UneBook, devraient connaître une plus large diffusion, alors que la production d’eBooks augmentent lentement mais sûrement en Espagne et qu’Amazon vient de lancer son offre (33 000 eBooks) pour le marché espagnol.
- Italie
- L’éditeur Mondadori a récemment tenté une nouvelle expérimentation (selon le modèle d’Itunes Store) : la vente séparée d’un chapitre d’un livre. Plus précisément : le chapitre en question est une « suite », comme l’explique son auteur, d’un recueil de nouvelles autonomes (ou d’un roman dont chaque chapitre retrace le parcours d’un personnage). C’est donc la seule raison pour laquelle cette opération marketing est possible.
- Sans doute une première pour l’Italie, un livre d’art en ePub disponible sur Itunes Store; une adaptation d’un ouvrage (Le Musée imaginaire) vendu à 60 000 exemplaires dans le pays. L’eBook contient 800 dessins, des reproductions de peinture en haute résolution et plusieurs dizaines de liens. Pas testée (encore) mais l’appli’ a l’air plus prometteuse que les catalogues de la BPI.
- Pologne : dans un pays où le livre numérique représentera cette année 21 millions de dollars (2 fois plus que l’année dernière), où les lecteurs montrent un réel intérêt pour le prêt d’eBooks, où les pouvoirs publics encouragent à la lecture et où la TVA élevée est toujours débattue (elle serait inconstitutionnelle), chaque acteur essaie de se positionner rapidement. Jusque-là, on connaissait les applications iPhone Nexto/Legimi et plusieurs distributeurs (Empik.com, Gandalf, Nakanapie.pl, Amazonka,Godi.pl et ebook.pl). Ils devront aujourd’hui faire avec WobLink qui réunit plusieurs grands éditeurs polonais et qui s’offre une présence sur la plupart des supports de lecture numérique (PC, tablettes, liseuses) et les principaux systèmes d’exploitation (Windows, IOS, Android). La particularité de WobLink est en effet de vendre à la fois de l’ePub/du Mobi (format du Kindle d’Amazon) et d’offrir des solutions de lecture synchronisables. Reste que les fichiers contiennent des DRM (« lights », certes : c’est du « tatouage« ) alors que d’autres éditeurs (comme Hélion) ont fait le choix contraire et que les fichiers en question sont majoritairement en anglais (60 en polonais seulement).
- Portugal : un projet du Ministère de la Culture prévoit la légalisation de la copie privée de n’importe quel livre imprimé, limitée jusque-là à quelques extraits. Si elle devait passer, la loi permettrait ainsi aux étudiants d’acquérir à des prix considérablement réduits des livres scientifiques très chers.

