Jusqu’ici, peu d’infos sur le livre numérique en Turquie (presque rien trouvé en tout cas de mon côté). Et pour cause : l’offre était encore embryonnaire en juin dernier (1500 eBooks). Mais les éditeurs turcs semblent aujourd’hui plus actifs dans le domaine numérique. Ce sont en effet trois projets qui vont voir le jour :
- Le premier (Acik Kitap) est une initiative d’Idefix, une librairie turque en ligne (via CNN Turk) qui bénéficie déjà d’un écosystème assez vaste avec ses applications mobiles. Même ambition qu’Amazon et tous les autres distributeurs qui fournissent des services d’autopublication (voir mon article sur Inaglobal sur le sujet) : se passer à terme des « édichieurs », même si le directeur du projet explique qu’il s’agit avant tout d’assurer une médiation entre l’éditeur, soucieux de découvrir de nouveaux talents, et les auteurs. Le titre même du projet (« Open Book ») témoigne – comme souvent – d’une tentative de la part de ces acteurs de se positionner comme des émancipateurs de l’individu et des libérateurs de la création, auxquels les réseaux traditionnels ne donneraient aucune chance (c’est du moins ce qui est implicitement perceptible dans le discours). Mais comme ces réseaux fournissent encore les livres dont ces acteurs ont besoin pour vendre, Acik Kitap se défend de vouloir les remplacer et définit ainsi une place médiane (non pas le découvreur de talents – ce sera aux éditeurs de faire le tri et de « consacrer » par la publication – mais bien la tribune d’expression fourre-tout de potentiels talents).
- Le deuxième (via TeknoKulis) regroupe 300 éditeurs autour d’une plateforme commune de gestion et de distribution de contenus numériques : Kitapyum (qui comprendra donc des livres). Visiblement, ce consortium n’en est encore qu’à la numérisation (plateforme non trouvée) et à la création de métadonnées. Le projet, soutenu par Yaibir (sorte d’équivalent de la SCAM), très actif dans la lutte contre le piratage, garantit par ailleurs à l’utilisateur une frustration maximale avec la mise en place de DRM. L’intérêt, pour les éditeurs, est notamment l’accès facilité à un ensemble d’informations sur chaque fichier, de manière à en gérer facilement les droits, la vente et la distribution dans un contexte numérique.
Le troisième s’inscrit dans la tendance de la classe numérique (dernière en date, celle de Buenos Aires). Le projet « Ecole intelligente » (via HTEkonomi) de l’école professionnelle Nisantasi (avec l’opérateur turc Turkcell) permettra en effet aux élèves de faire leur apprentissage sur tablettes. Des cours-applications semblent avoir été spécialement conçus pour chaque formation et en collaboration avec les professeurs. Ces derniers pourront par ailleurs suivre le niveau de compréhension de leurs élèves, à partir de la consultation des notes que ces derniers auront pris sur le cours. Reste à savoir si le cours animé par le-dit professeur a également été pensé dans cette perspective de manière à inciter à la production, à la prise d’annotations et à leur traitement-feedback.
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Vu d’ailleurs, avec eBouquin.
